Le radis
« Ne pas avoir un radis »
N’avoir plus un sou, être complètement fauché.
Ne plus avoir un radis, c’est être fauché, sans un sou en poche. Une sensation bien connue en rentrant de vacances. L’expression apparaît au XIXe siècle, et elle doit son succès à deux qualités du radis : il ne coûtait rien, et il était rond.
Le légume qu’on offrait dans les bars
Au XIXe siècle, le radis est un légume de pauvre. Il se vend pour une somme dérisoire, et certains bars et estaminets le servent même gratuitement. Pas par générosité : on le présentait avec du sel, pour donner soif aux clients et les pousser à commander à boire. Un légume qui ne vaut rien, c’est l’image parfaite de l’argent qu’on n’a pas.
Rond comme un sou
Deuxième raison : sa petite forme ronde rappelle le sou, la pièce de faible valeur de l’époque. Le mot « radis » devient alors, en argot, synonyme de pièce, puis d’argent en général. Alfred Delvau l’enregistre dès 1867 dans son Dictionnaire de la langue verte : « n’avoir pas un radis », c’est être tout à fait pauvre. Dix ans plus tard, Alphonse Daudet l’écrit dans Le Nabab. L’expression s’emploie toujours à la forme négative, et la version « ne plus avoir un radis » dit bien qu’on en avait avant de tout dépenser.
« Radis » veut dire « racine »
Le mot lui-même raconte ce qu’on mange. Selon Littré, « radis » vient du provençal raditz, issu du latin radix, la racine. Le radis, c’est littéralement « la racine », et c’est bien sa racine renflée qu’on croque.
Côté potager
Le radis est une Brassicacée : il est cousin du chou, du navet et de la moutarde. C’est l’un des légumes les plus rapides du potager, quelques semaines suffisent entre le semis et la récolte. Une variété porte même le nom de « radis de 18 jours ». Abondant, facile, rapide : de quoi comprendre pourquoi il valait si peu.

